Retour sur la réunion publique de Sainte-Croix

Retour sur la réunion publique de Sainte-Croix

Nous étions un petit groupe de quinze personnes, mais l’ambiance était très conviviale. La moitié des participants venaient de Sainte-Croix. Très rapidement, les discussions ont porté sur le manque d’interlocuteur local et un sentiment de manque de considération. Ce besoin d’équité de traitement entre les communes est un fil rouge des réunions publiques. Autre fil rouge : le manque de compréhension des relations entre Putanges-le-Lac et la Communauté de communes. Nous y reviendrons dans un prochain article pour éclaircir ces questions. Comme lors des réunions précédentes, après des échanges en commun, nous nous sommes répartis en petits groupes thématiques. Voici ce qui en est ressorti.

Groupe 1 : patrimoine

Comment mobiliser et aider les propriétaires et les habitants à valoriser le patrimoine local ? Comment la commune prend en compte cette valorisation sur l’ensemble du territoire ? Un exemple concret a été donné : sur le panneau du lac qui présente les points d’intérêt autour du lac, des éléments de Sainte-Croix ont été oubliés, comme le manoir emblématique.

Combien de clochers et de chapelles existent sur Putanges-le-Lac ? Combien d’entre eux sont oubliés des politiques municipales concentrées à Putanges-Pont-Écrepin ? Comment mieux soutenir l’entretien du patrimoine ?

L’idée a été évoquée de mobiliser un agent pour accompagner des habitants bénévoles dans des chantiers participatifs d’entretien. C’est ce qui se fait avec succès avec les Amis des chemins à la Forêt-Auvray. Ces chantiers collectifs impliquent les habitants, leur font découvrir de nouveaux lieux dans leur commune et font se rencontrer des voisins.

C’est aussi l’occasion de recenser les chemins et espaces communaux, de faire un état des lieux afin de ne léser aucune commune historique dans les politiques de rénovation, de maintien et de valorisation du patrimoine territorial. Les participants ont aussi évoqué un besoin de visibilité sur les rénovations et opérations de maintenance en pensant l’entretien sur le long terme et non par actions ponctuelles avec un programme public.

Il a été remarqué que le sujet de l’entretien du patrimoine n’est pas suffisant. Il s’agit aussi de le faire vivre, qu’il soit public ou privé, au travers d’actions culturelles peut-être même en impliquant les propriétaires. Des exemples ont été donnés : la route des puits, la route des églises, le chemin du Mont-Saint-Michel…

Groupe 2 : alimentation

À Putanges-Pont-Écrepin, il y a une cuisine qui prépare les repas du collège, des écoles primaires et maternelles de Putanges ainsi que celles de Bazoches-au-Houlme. Pour l’EHPAD, c’est une société privée qui fournit les repas. Selon les participants, la qualité de la nourriture n’est pas à la hauteur. Il y a beaucoup de gaspillage et peu d’information sur l’origine et la qualité des produits.

L’ancien chef cuisinier du collège avait essayé de s’approvisionner en produits bio et locaux, mais les quantités disponibles localement n’étaient pas suffisantes. Autre problème : les saisons. L’été, quand il y a beaucoup de légumes, les enfants sont en vacances. L’hiver, quand les enfants sont en cours, la production est plus faible. Et si on imaginait un maraîchage communal ?

Un exemple a été évoqué : à Auray, un maraîchage communal fonctionne bien et alimente 700 repas par jour dans différentes cantines, mais également des structures de portage de repas. Ils sont aussi en train de mettre ça en place à Argentan. On pourrait imaginer s’inspirer de ces exemples, sans oublier bien sûr les maraîchers locaux déjà présents. Il pourrait y avoir davantage de lien entre producteurs et convives. Les enfants pourraient venir au potager pour être sensibilisés aux enjeux alimentaires. Cette sensibilisation peut aussi être un levier pour l’éducation au goût et à la lutte contre le gaspillage.

Groupe 3 : Les commerces

Une question a d’abord été posée : y a-t-il une clientèle suffisante à Putanges-Pont-Écrepin ? Un exemple a été partagé : l’épicerie + presse qui était ouverte 12h par jour fonctionnait bien jusqu’à peu, même avec le Utile. Que va devenir l’ancien local du Utile ? Les participants se sont interrogés : pourrait-on imaginer un nouveau modèle polyvalent avec café, bibliothèque, jeux, journaux, produits locaux ?

Comme cela a été évoqué lors de la réunion aux Rotours, de nouveaux modèles existent ailleurs et permettent de maintenir des commerces et de la vie dans les villages. Dans la plupart des cas qui fonctionnent en zone rurale similaire à la nôtre, la mairie soutient ces initiatives grâce à des loyers très légers. Il ne s’agit pas d’envisager ce soutien aux formes plus associatives de commerce comme une concurrence au Utile, mais comme une dynamique saine de bourg pour le rendre plus attrayant.

Le nouvel Utile : quelles opportunités ?

Le déplacement de l’Utile a aussi été évoqué. Pourrait-on améliorer l’accessibilité piétonne à ce nouveau magasin ? Dans quelle mesure cet Utile pourrait-il aussi être un allié dans le soutien des producteurs locaux ? Pour vendre leurs produits et surtout les faire connaître, les mettre en valeur.

Groupe 4 : Lien entre les habitants et l’administration.

Un participant affirmait avoir été favorable à la fusion en commune nouvelle. Mais il regrette les conséquences constatées aujourd’hui : l’éloignement de la vie politique des habitants.

L’exemple de Sainte-Croix : un problème de sécurité routière

À Sainte-Croix, il y a un gros enjeu de sécurité routière. Un virage est très dangereux pour les piétons. Un habitant a fait remonter ce danger. Il a été invité à partager sa remarque au DGS à Putanges-Pont-Écrepin. Mais voilà : il aurait aimé en parler à un élu, et non au DGS. Et peut-être avoir comme premier contact un référent local pour recueillir sa remarque avec un maximum de connaissance du terrain et des enjeux.

Le besoin de référents de proximité

Même s’il est tout à fait entendable qu’il puisse être nécessaire d’avoir des délégations sur des sujets transversaux, il apparaît essentiel d’avoir un référent local qui connaît bien le contexte et peut être à l’écoute des habitants. Les référents de proximité, aujourd’hui censés être les maires délégués, sont nécessairement des personnes polyvalentes et de nature sociable. Ils sont le premier contact pour les sujets de proximité et l’écoute des habitants. Avoir des élus avec des responsabilités transversales comme la voirie peut engendrer une perte de connaissance du terrain. Par exemple, si ce référent voirie habite Putanges-Pont-Écrepin, il n’aura pas forcément tout le contexte et l’historique des problèmes de voirie à la Forêt-Auvray.

L’aménagement du lac : quelles retombées économiques ?

Le manque de visibilité sur les retombées économiques liées aux travaux d’aménagement du lac a aussi été évoqué. Il y a une impression d’avoir fait “all-in” sur l’aménagement du lac, mais concrètement, comment s’articule ce projet avec les enjeux économiques de la commune ? Le tourisme a été évoqué, mais est-on sûr que les personnes ne viennent pas juste “consommer” les aménagements et repartir directement chez elles ?

La force de la diversité

Enfin, le groupe était pleinement d’accord sur un point : la qualité et la force d’un conseil municipal, c’est sa diversité.

Merci à toutes les personnes présentes pour leur participation et la qualité des échanges. Il a été rappelé lors de cette réunion l’importance d’inclure le périmètre de la Communauté de communes dans nos réflexions, car elle a des compétences très importantes sur la vie dans notre commune, comme les écoles. Les habitants des communes alentour sont donc les bienvenus pour contribuer aux réflexions à venir.

Source : http://mccputanges.fr/blog/retour-sur-la-runion-publique-de-saintecroix/

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